Psychotraumatismes, adversité, difficultés relationnelles, blessures d’attachement, problèmes de régulation des émotions : de quoi parle-t-on ?
En psychotraumatologie, on distingue plusieurs formes de blessures psychiques — qui n’ont pas toutes le même visage.
Les traumas « grand T » sont des événements ponctuels, avec un début et une fin : un accident, une agression, une catastrophe. On sait quand c’est arrivé.
Les traumas « petit t » sont des expériences répétées, souvent moins visibles et souvent vécues dans (dès) l’enfance : des humiliations récurrentes, une instabilité chronique, une exposition prolongée à des situations difficiles.
On distingue aussi
- les traumas « en bosse » – ce qui s’est passé et n’aurait pas dû advenir : des violences, des chocs, des situations de danger…
- les traumas « en creux » – ce à quoi on avait droit et qu’on n’a pas eu : du soutien, des encouragements, de l’amour, de la sécurité, une présence stable, des mots aimants…
Et au-delà de ces catégories et des « psychotraumatismes », il y a l’adversité : pas forcément un événement identifiable et très grave, mais un climat — une accumulation d’expériences aversives qui ont sollicité le système nerveux en continu et ont demandé à l’enfant immature que vous étiez de se suradapter aux adultes.
Ce qui est commun à toutes ces formes : le système nerveux a été débordé ou contraint de s’adapter. Et les effets, eux, sont bien réels — qu’il y ait eu un choc unique ou une longue exposition silencieuse.
Des exemples concrets
Vous vous reconnaissez peut-être dans l’une de ces situations ?
Après un accident de voiture : vous évitez de reprendre le volant, vous ressentez de l’anxiété à l’approche de la route, vous ne pouvez pas repasser sur les lieux de l’accident. Des images reviennent sans que vous les ayez cherchées. Vous vous demandez pourquoi vous ne « passez pas à autre chose ».
Après une agression : certains lieux, certaines heures, certaines situations déclenchent une peur que vous jugez excessive mais que vous ne contrôlez pas. Vous évitez, vous anticipez, vous êtes épuisé(e) de devoir vous protéger en permanence.
Après des expériences répétées difficiles : vous avez du mal à vous détendre, à faire confiance, à vous sentir en sécurité dans les relations. Vous vous adaptez en permanence aux autres, sans savoir vraiment ce que vous ressentez ou ce dont vous avez besoin.
Ou peut-être simplement : vous ne savez pas exactement ce qui ne va pas. Vous « fonctionnez », mais quelque chose pèse — une fatigue inexpliquée, des émotions qui débordent ou qui semblent absentes, un sentiment diffus que quelque chose ne tourne pas rond.
Ces vécus sont légitimes. Ils ont du sens. Et ils peuvent être travaillés.
Adversité et traumatismes : les blessures d’attachement
L’adversité et les expériences traumatiques laissent des traces dans la manière dont on se lie aux autres (notamment en amour).
Il arrive que des expériences passées — parfois difficiles à nommer, parfois minimisées — continuent de façonner le présent. Schémas relationnels qui se répètent, sentiment d’insécurité dans les liens, difficulté à faire confiance ou au contraire tendance à se perdre dans les relations.
Ces difficultés peuvent être liées à des expériences d’attachement précoces ou à des événements traversés plus tôt dans la vie.
Le travail thérapeutique permet d’explorer ces liens, de leur donner du sens, et de retrouver progressivement plus de liberté dans la façon d’être avec soi-même et avec les autres.